Gros cafouillage dans les médias, hier, comme vous avez du en entendre parler. Un exemple typique d'une information sensationnelle que l'on ne peut laisser passer de peur de se la faire piquer, qui ne souffre même pas une petite vérification. C'est Europe 1 qui, la première, a annoncé le faux décès de Pascal Sevran.
Laurent Ruquier l'a reprise quelques minutes plus tard dans son émission On n'a pas tout dit, sur France 2 avant de démentir 20 minutes plus tard, non sans s'étonner qu'on lui fournisse en régie des informations non vérifiées. D'autres médias ont repris l'information.
Le sujet est tout de même particulièrement grave, et on peut légitimement se demander comment il se fait qu'une information aussi cruciale, qui annonce le décès d'une personne, ne soit pas scrupuleusement vérifié. Il ne s'agit pas d'un ragot comme un autre pour le coup.
Selon imédias, Jean-Pierre Elkabbach, patron d'Europe 1, se serait adressé à ses journalistes ce matin, disant assumer "personnellement une erreur collective". Le hic, c'est que, toujours selon imédias, les journalistes l'accusent lui d'en être le seul responsable, M. Elkabbach étant le "seul donneur d'ordres". Certains journalistes auraient dit à la rédaction du site web qu'il aurait particulièrement insisté pour que l'information soit donnée à l'antenne, et ce, sans confirmation officielle.
Bref, sans polémiquer outre mesure (et d'ailleurs je préfère ne pas poster les vidéos de l'annonce en direct...), il s'agit bel et bien d'une faute professionnelle très grave. Qui doit être sanctionnée.
Mise à jour 22/04 :
Selon Libé, le CSA se pencherait sur le cas Elkabbach.
mardi 22 avril 2008
Décès erroné de Pascal Sevran : de l'intérêt de vérifier ses sources
jeudi 10 avril 2008
Libé taquine les gratuits dans les colonnes de... Métro
Pas spécialement sympa et un brin méprisant, mais assez symptomatique de la polémique qui court autour de la qualité de l'information dans les gratuits.

Le hic, c'est le slogan qui figure en bas du cadre (cf photo) : "Lisez-le, vous comprendrez pourquoi il est payant". Sous-entendu, lisez-le, vous comprendrez que nous, on vous sert pas la m***** de Vingt Minutes, Direct Matin, A nous Paris ou encore.... Metro.
Marianne, jamais le dernier pour en rajouter une couche, a mis Métro au défi de faire une journée payante. La controverse n'a pas fini de diviser la profession.
lundi 7 avril 2008
Madmundo.tv, une plateforme citoyenne audiovisuelle
Madmundo est vraiment un concept à part. En deux mots, il s'agit d'un espace audiovisuel collaboratif où les internautes peuvent proposer des idées d'articles et réagir à ceux-ci en se filmant.
A partir d'une problématique soulevée par un internaute, les journalistes et documentaristes professionnels de Madmundo vont enquêter à travers le monde. pour, en fin de compte, réaliser des sujets qui seront diffusés à la télévision (en France, sur Arte et France 5). quelques exemples d'enquêtes : Acceptez-vous mon handicap ? - (corruption) En qui avoir confiance ? - (sida) Pourquoi dois-je mourir ? etc.
Madmundo est réellement participatif (voir le mode d'emploi). Les internautes peuvent interagir avec les différents acteurs concernés par le sujet, avec les journalistes. Ils peuvent envoyer leurs propres vidéos qui sont susceptibles d'être intégrées dans le reportage final. On peut également réagir en audio, et, naturellement, en postant un commentaire texte. Bientôt, les internautes pourront envoyer leurs photos.
Il s'agit là d'un excellent concept, permettant d'allier participation de l'internaute citoyen et compétences professionnelles des journalistes.
jeudi 13 mars 2008
Top 10 des médias d'informations en ligne
2) Bakchich : J'ai déjà parlé de ce site web d'"enquêtes, informations et mauvais esprit". Avec Bakchich, on est assuré d'avoir un regard vraiment différent sur l'info. Enquêtes en marge de l'actualité, angles osés et originaux, thèmes peu abordés ailleurs etc. Un must, également. Gratuit pour la plupart de ses articles ainsi qu'un hebdo payant.
3) AgoraVox : C'est probablement le site qui utilise au mieux le "journalisme participatif". En dehors des brèves en bas de page, chaque article est écrit par les internautes. Et l'ensemble est de très bonne facture, malgré quelques ratés de temps en temps... Complètement gratuit. Ah oui, et un peu de pub au passage... ;)
4) LeMonde.fr : Le journal papier dit "de référence" a également un très bon site Internet, très riche, qui offre un tour d'horizon très complet de l'info. Je lui reprocherais tout de même deux choses : le site est très "desk", il n'y a pas beaucoup de sujets "sur le terrain" qui sont plutôt réservés à l'édition papier, et les pubs qui fourmillent de partout sont vite assez lassantes.
5) Le Nouvel Obs en temps réel : Beaucoup beaucoup d'infos grâce à ce "fil d'actu". Le site du Nouvel Obs donne parfois l'impression de n'être qu'un hébergeur de dépêches d'agence, mais ses mises à jour hyper-fréquentes permettent d'être au courant de l'essentiel très rapidement.
6) Libération : Libé.fr vaut le coup d'oeil, d'une part parce que le talent de ses journalistes se ressent autant en ligne que sur le papier, d'autre part parce que même sur leur site, on sent une vraie volonté de dépasser la redite des dépêches AFP. Pas mal de reportages, enquêtes, portraits, vidéos etc. Quelques pop-up emmerdantes que mon Firefox n'arrive pas à bloquer, néanmoins.
7) Arrêt sur Images : La célèbre émission de Daniel Schneidermann officie désormais sur le Net. Difficile d'en faire un site référence étant donné que le principal de son contenu est réservé aux abonnés mais les quelques chroniques libres d'accès sont toujours aussi pertinentes. A voir, au moins.
8) LaCroix.com : Etant donné sa ligne éditoriale portée sur les religions, les gens, la consommation, La Croix offre une information assez originale, jamais racoleuse, toujours traitée avec beaucoup de sérieux et d'impartialité. Un petit reproche cependant : certaines rubriques du site peuvent être délaissées pendant plusieurs jours... pas super pour un quotidien. Mais étant donné que La Croix se vend bien, ils peuvent se passer de leur site Web. D'autant que leur lectorat n'est pas nécessairement à l'aise avec l'outil internet.
9) imédias : Un site sur l'actualité des médias. Il a le mérite de traiter des médias et donc de TV sans tomber dans le people, le racoleur ou la polémique inutile. Un fil d'info en continu bien pratique. On le préfèrera donc au blog de Jean Marc Morandini... voir l'article de Rue89 à ce sujet.
10) Marianne2.fr : J'ai beau lire chaque semaine le magazine, j'ai du mal avec leur site, sa navigation, sa présentation, la lisibilité des commentaires... A visiter, néanmoins, pour sa ligne éditoriale toujours aussi bizarroïde mais savoureuse et son exploitation intelligente du participatif (mise en valeur des commentaires, journal des mariannautes etc.)
Voilà ! Dites-moi ce que vous pensez de ce classement et surtout, n'hésitez pas à faire part des sites que vous visitez chaque jour. Je suis ouvert à toute nouvelle découverte. ;)
mardi 11 mars 2008
Rappel : la Charte du Journaliste
Bien qu'aucun texte de loi ne régisse officiellement la déontologie journalistique, il existe une charte dite "des devoirs professionnels des journalistes français", plus communément appelée Charte du Journaliste.Elle a été élaborée dès 1918 par le Syndicat National des Journalistes (et a été modifiée depuis). Cette charte est méconnu du grand public, et, plus étonnant, de ceux qui lisent la presse. Elle est pourtant primordiale pour comprendre les enjeux et les dilemmes des médias aujourd'hui.
Manu avait fait un billet là-dessus qui vaut le coup d'oeil, mais plus généralement, il est fréquent de voir, dans certains magazines (particulièrement ceux traitant de l'informatique) violer cet article. N'avez-vous remarqué, dans certains mags PC, que chaque mois un nouvel anti-virus (ou autre chose...), le meilleur du marché, le plus efficace en tout point, est encensé ?... (et miracle, une version d'essai est proposée dans le CD accompagnant le papier...)
Voici donc la charte du journaliste, en entier :
"Un journaliste digne de ce nom,
- prend la responsabilité de ses écrits, même anonymes;
- tient la calomnie, les accusations sans preuves, l'altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles;
- ne reconnaît que la juridiction de ses pairs, souveraine en matière d'honneur professionnel;
- n'accepte que des missions compatibles avec la dignité professionnelle;
- s'interdit d'invoquer un titre ou une qualité imaginaire, d'user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque;
- ne touche pas d'argent dans un service public ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d'être exploitées;
- ne signe pas de son nom des articles de réclame commerciale ou financière;
- ne commet aucun plagiat, cite les confrères dont il reproduit un texte quelconque;
- ne sollicite pas la place d'un confrère, ni ne provoque son renvoi en offrant de travailler à des conditions inférieures;
- garde le secret professionnel;
- n'use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée;
- revendique la liberté de publier honnêtement ses informations;
- tient le scrupule et le souci de la justice pour des règles premières;
- ne confond pas son rôle avec celui du policier."